PAC : le soutien aux jeunes agriculteurs européens ne doit pas être une option !
vendredi, 04 mai 2012 15:17A notre grande surprise, en conseil de ministres de l’agriculture à Bruxelles le 26 avril dernier, la France s’est prononcée pour que la création d’un soutien aux nouveaux installés dans le premier pilier de la future PAC (Politique Agricole Européenne) devienne une simple option pour les Etats-membres. Nous ne comprenons pas ce positionnement et cette prise de risque !
Des soutiens optionnels existent déjà aujourd’hui (cofinancés dans le deuxième pilier de la PAC). Nous sommes fiers que la France soit, de loin, la première utilisatrice de ces outils dont nous saluons régulièrement l’efficacité. Mais force est de constater, au vu des chiffres récents en France et en Europe, que ces mesures ne suffisent pas à enrayer la diminution rapide du nombre d’agriculteurs et le vieillissement de la population agricole, même en France*.
La création d’une majoration obligatoire des aides directes pour les jeunes installés dans le premier pilier de la PAC, en plus du maintien des outils « à la carte » existants dans le deuxième pilier, est une proposition de la Commission Européenne. Jeunes Agriculteurs avait salué alors cette initiative, y voyant une prise de conscience de la fragilité du renouvellement des générations agricoles et une réelle envie d’agir pour l’avenir d’une agriculture française et européenne créatrices de valeur sur tous nos territoires.
Or la remise en cause qui menace aujourd’hui a de quoi nous alerter ! En effet cette nouvelle mesure inscrite dans le premier pilier doit être obligatoire dans tous les Etats Membres, en complément des soutiens cofinancés existants, et ne doit aucunement être présentée comme optionnelle ! L’esprit n’est en aucun cas de mettre sous perfusion des projets fragiles, mais bien d’accompagner des installations viables qui demandent des investissements de plus en plus importants tout en donnant un signal positif renforcé aux jeunes qui veulent devenir agriculteurs. Nous lançons ce cri d’alerte solidairement avec tous nos collègues européens réunis au sein du CEJA (Conseil européen des Jeunes Agriculteurs).
Le renouvellement des générations en agriculture est un enjeu majeur qui ne relève évidemment pas que de dispositifs d’aides. C’est dans ce sens que nous militons toujours pour que les agriculteurs deviennent de plus en plus acteurs de la valeur ajoutée et que nous nous impliquons dans l’avenir des filières. Mais la France doit défendre la valeur symbolique de cette mesure en lui accordant la dimension qu’elle mérite, témoignage d’une solidarité intergénérationnelle renforcée et plus que jamais nécessaire.
A propos de Jeunes Agriculteurs :
Fondé en 1957, Jeunes Agriculteurs est le seul syndicat professionnel composé exclusivement de jeunes âgés de moins de 35 ans (50 000 adhérents répartis en structures de réflexion et de décision décentralisées). Animé par un esprit de solidarité et de convivialité, JA a pour objectifs de défendre les intérêts des jeunes agriculteurs et defavoriser l’accès au métier d’agriculteur pour assurer le renouvellement des générations en agriculture.
Nouveau site web : www.jeunes-agriculteurs.fr
Contact presse : Marie-Laure Hustache : 01 42 65 86 16 / 06 68 66 15 83
*En France en dix ans, malgré une des politiques de soutien à l’installation les plus développées d’Europe, une exploitation sur quatre a disparu (surtout élevage et polyculture). En 2010, un quart des exploitations sont dirigées par des chefs de plus de 65 ans et seulement 10% par des chefs de moins de 40 ans (dont la moitié sont doubles actifs). Même dynamique au niveau européen (-20% d’exploitations depuis 2003) - Voir aussi le recensement général agricole 2010, Eurobaromètre

