Interview du mois

Guillaume et Alban Mandin montent le son à Vouhé

guillaume mandinAgriculteurs la semaine, barmen le week-end : voilà le quotidien d’Alban Mandin et de son frère Guillaume. Un rythme rock’n roll pour ce tandem qui a repris le bar de Vouhé (Deux-Sèvres) et le fait revivre en organisant concerts et festival.

Désireux de se rapprocher de sa famille, Alban Mandin a repris un bar-concert à Vouhé (Deux-Sèvres) Son nom ? La Cabane. Son frère Guillaume l’a rejoint dès le départ dans l’aventure : « Le bar était un lieu apprécié par les habitants de la région. Lorsqu’il a fermé, cela a laissé un vide. Alban a re­pris les lieux et nous avons réalisé des travaux nous-mêmes pendant un an et demi. Un autre frère électricien s’est occupé de tout le système élec­trique. C’est une belle aventure familiale ! » Agriculteurs, les deux frères travaillent sur leurs exploi­tations la semaine et avant de tenir le bar le vendredi et le sa­medi : « C’est un rythme rock and roll. De mon côté, je m’occupe de mon exploitation de grandes cultures et Alban est salarié agricole. Le week-end, nous changeons tous les deux de casquette. Alban devient patron de bar et je deviens ingénieur du son et programmateur musical. C’est un challenge de chaque instant, mais c’est avant tout un plaisir de travailler avec lui et de partager avec les gens. »

Alban a contracté un prêt professionnel d’une di­zaine de milliers d’euros pour restaurer le lieu : « Pour le moment, l’activité du bar n’est pas en­core lucrative. Entre l’entretien, la contribution à la Sacem et la rémunération des groupes, l’activité rembourse le prêt, mais ne permet pas de tirer un revenu suffisant. Chaque euro gagné est réinvesti dans du matériel de scénographie ou pour le bar. » Les deux frères font tout de même payer l’entrée les soirs de concert : « Nous avons deux à trois concerts par mois. Le montant de l’entrée est joué au dé : d’un à six euros en fonction du résultat. Nous comptons en moyenne 80 en­trées par soir. » Ancien musicien, Guillaume pro­pose une programmation à destination de tous. Au départ, ce sont des groupes qu’il connais­sait et, petit à petit, d’autres groupes ont proposé leurs services. « La mu­sique est en grande partie rock, mais nous avons eu des groupes de reggae, de jazz, de jazz manouche ou de chanson française qui sont venus chez nous. »

Festival en plein air. Les deux frères se sont aussi lancés dans l’organisation d’un festival, le Gâtine’n rock festival, qui s’est déroulé le 30 juin à côté du bar. « La commune nous a fourni un petit terrain. Pour une première édition, c’était parfait ! Même si nous n’avons pas obtenu de subvention, la ville a pris en charge la sécurité en plaçant des barrières autour du site. Le maire était totalement derrière nous. » Guillaume a sollicité les adhérents JA du canton de Masière pour la restauration de l’événement : « Les festivaliers ont dégusté des assiettes de charcuterie, mais mes amis JA ont aussi filé un coup de main pour le bénévolat. »

Les participants ont payé une entrée de 6 €. « C’est un petit prix, mais cela ne signifie pas que notre programmation n’était pas de qualité. » Les tenanciers vont désormais prendre un peu de repos en juillet/août : « L’été est une période creuse et le public préfère opter pour des concerts en plein air. De plus, notre programmation est déjà bookée jusqu’à fin décembre. » Guillaume cherche désormais à attirer des ar­tistes plus connus. En un an, la Cabane a déjà acquis une petite renommée : « Un groupe de jazz d’amis va venir à la rentrée avec deux bluesmen reconnus. Nous avons hâte de les accueillir. Nous ferons sûrement une entrée un peu plus chère que d’habitude. C’est un juste retour des choses, il faut rémunérer les musiciens à leur juste valeur.»


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