Qu’est-ce que la DNC ?
La Dermatose Nodulaire contagieuse (DNC) a été détectée pour la première fois en France le 29 juin 2025 en Savoie. Il s’agit d’une maladie virale affectant les bovins et provoquant de la fièvre, des nodules et lésions nécrotiques sur la peau, de l’anorexie, une chute de la lactation et la mort dans près de 10% des cas. La transmission, mécanique vectorielle se fait à l’occasion d’un repas de sang en raison de virus présent dans les pièces buccales des stomoxes et taons (mouches piqueuses). La maladie n’est pas transmissible à l’Homme, que ce soit par contact, par consommation de produits bovins.
Les zones réglementées
La DNC est classée en droit européen comme maladie de catégorie A, ce qui signifie que des mesures doivent être prises dans un objectif d’éradication obligatoire, qui impose, sans délai, la mise en œuvre de gestion immédiates.
Ces mesures passent d’abord par la mise en place de zones réglementées par arrêté préfectoral sur chaque foyer découvert. Une zone réglementée (ZR) se compose d’une zone de protection (ZP), mise en place 20km autour du foyer (restrictions strictes de mouvements, désinsectisation) et d’une zone de surveillance (ZS), mise en place 50km autour du foyer (mesures de prévention et suivi sanitaire renforcé).
Après 28 jours sans nouveau foyer, la zone de protection devient une zone de surveillance. Après 45 jours et 85% de bovins vaccinés de 95% des établissements, la zone peut devenir une zone vaccinale (ZV) facilitant les mouvements d’animaux. Une zone non touchée par un foyer, au-delà de 50km est dite indemne (ZI).
Mesures de lutte obligatoire
Le plan d’éradication de la maladie a été validé par le CNOPSAV (Conseil National d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale) du 16 juillet 2025, il repose sur trois piliers : interdiction des mouvements, dépeuplement de l’unité épidémiologique infectée et vaccination massive. La lutte repose sur une surveillance renforcée, avec une vigilance accrue des éleveurs et un signalement immédiat des symptômes au vétérinaire. Des prélèvements officiels sont réalisés en cas de suspicion. Les foyers font l’objet d’un dépeuplement total pour éradiquer le foyer. Une vaccination massive, obligatoire et intégralement prise en charge par l’Etat est déployée dans les zones réglementées, et elle concerne tous les bovins quel que soit leur âge. Les élevages doivent en parallèle respecter strictement les mesures de restrictions mouvements.
Pourquoi une stratégie fondée sur trois leviers complémentaires est indispensable ?
La dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) est une maladie virale grave des bovins, causée par un poxvirus. Elle se manifeste notamment par des nodules cutanés douloureux, de la fièvre, une altération de l’état général et, dans certains cas, la mort des animaux.
Au-delà de l’impact sanitaire, ses conséquences économiques sont majeures : chutes de production, troubles de la reproduction, dévalorisation des cuirs et désorganisation durable des élevages.
Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif contre la DNC. La maladie n’est pas transmissible à l’homme, mais sa capacité de diffusion rapide et silencieuse en fait une menace majeure pour l’ensemble de la filière bovine française.
Dans ce contexte, la stratégie sanitaire repose sur trois piliers indissociables, dont l’efficacité n’est avérée que lorsqu’ils sont mis en œuvre conjointement.
1. L’interdiction des mouvements : casser les chaînes de diffusion
La DNC est une maladie vectorielle, transmise principalement par des insectes piqueurs (mouches stomoxes, taons). La contamination n’est donc pas seulement et directement liée au contact entre animaux, ce qui rend la maîtrise de sa propagation particulièrement complexe.
Par ailleurs, le temps d’incubation est long, pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines (28 jours). Un animal infecté peut ainsi être déplacé alors qu’il ne présente encore aucun symptôme visible, contribuant à diffuser le virus à distance sans que cela soit immédiatement détectable.
Dans ce contexte, les restrictions de mouvements sont essentielles. Elles visent à :
- Limiter les déplacements d’animaux potentiellement porteurs
- Éviter l’extension géographique de la maladie
- Gagner du temps pour identifier les foyers et déployer les autres mesures sanitaires
Sans contrôle strict des mouvements, aucune autre mesure ne peut être pleinement efficace. Les nouveaux foyers actuels sont dus à des déplacements d’animaux illégaux.
2. Le dépeuplement : éliminer les sources d’infection
Lorsqu’un foyer est confirmé, la présence d’un animal cliniquement atteint signifie que le virus a déjà circulé dans le troupeau. Compte tenu de la variabilité de la morbidité et de l’absence de marqueurs fiables permettant d’identifier les animaux porteurs asymptomatiques, il est impossible de prédire quels animaux sont ou deviendront infectés.
Dans ces conditions, un abattage partiel ne permet pas de sécuriser la situation : il maintient un risque de persistance et de diffusion du virus.
Le dépeuplement total des troupeaux infectés permet au contraire :
- De supprimer rapidement les réservoirs viraux
- De réduire drastiquement la pression d’infection
- De limiter le risque de propagation vers d’autres élevages et territoires
Il s’agit d’une mesure lourde, humainement et économiquement, mais reconnue comme indispensable dans les stratégies de lutte contre les épizooties majeures, en France comme à l’international.
3. La vaccination : protéger les zones à risque et contenir la maladie
La vaccination intervient en complément des mesures précédentes. Elle est déployée prioritairement autour des foyers, dans des périmètres définis, afin de créer un cordon sanitaire.
Son objectif est double :
- Protéger les élevages indemnes situés à proximité immédiate des foyers
- Ralentir la diffusion du virus et stabiliser la situation sanitaire
À ce stade, une vaccination généralisée à l’échelle nationale n’est ni techniquement ni logistiquement possible. Les doses disponibles et les moyens humains doivent être mobilisés en priorité là où le risque est le plus élevé, afin de contenir la maladie et éviter sa généralisation.
Interdiction des mouvements, dépeuplement des foyers et vaccination ciblée ne sont pas des options alternatives, mais les trois composantes d’une même stratégie, cohérente et indissociable.
Ces décisions sont difficiles, parfois incomprises, mais elles visent un objectif clair : protéger durablement l’ensemble du cheptel bovin français et préserver l’avenir des filières.
Elles s’accompagnent naturellement de dispositifs d’indemnisation et d’un accompagnement des éleveurs touchés, dont l’engagement et la responsabilité méritent un soutien plein et entier.
Situation actuelle
Depuis le 29 juin, 116 foyers ont été détectés en France au total : Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3), Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (22), Doubs (1), Ariège (2) et Hautes-Pyrénées (1), Haute-Garonne (2), Aude (1).
La sixième zone réglementée (ZR6) avait été instaurée suite à la détection d’un foyer dans un élevage de l’Ariège le 9 décembre, et élargie suite à la détection d’autres foyers dans les jours suivants.
Les enquêtes sanitaires ont permis d’identifier plusieurs causes à cette diffusion : le non-respect des règles de prophylaxie, des déplacements illicites d’animaux et des manquements au cadre réglementaire. Ces comportements contribuent directement à l’aggravation de la contamination et fragilisent les efforts collectifs engagés pour maîtriser la maladie.

En termes de vaccination, ce sont 74,7% du cheptel des dix départements du Sud-Ouest concernés qui sont vaccinés, soit 539 579 bovins vaccinés.

Acquis syndical : l’élargissement de la vaccination obligatoire
Face à une situation sanitaire qui se dégrade sur le massif pyrénéen et afin de protéger l’ensemble du cheptel français, Jeunes Agriculteurs a défendu la mise en place d’un cordon sanitaire préventif autour des départements ayant déjà enregistré des cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) le long de la frontière espagnole.
Concrètement, au-delà de l’obligation vaccinale déjà applicable dans les communes situées en zone réglementée, la vaccination est désormais rendue obligatoire dans l’ensemble des autres communes des départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Dans ces départements, les mouvements de bovins sont strictement encadrés et interdits sans laisser-passer sanitaire, afin de limiter au maximum les risques de diffusion de la maladie.

Mobilisations et actions de JA
La DNC est une maladie sournoise qui a frappé et frappe encore les élevages bovins avec des impacts lourds : pertes économiques, blocages commerciaux, surcharge de travail, stress et incertitude face à une épizootie nouvelle et hautement contagieuse.
Dès les premiers foyers, les JA se sont organisés pour accompagner les éleveurs sur le terrain : relais d’information, appui aux démarches sanitaires, soutien logistique et psychologique lors des opérations de dépeuplement, présence auprès des exploitants isolés ou en difficulté. Leur implication concrète a permis de sécuriser la mise en œuvre des mesures et de renforcer la coordination entre services de l’Etat, vétérinaires et organisations professionnelles.
Parallèlement, JA a joué un rôle clé dans la diffusion d’une information fiable et accessible à tous. Le réseau a ainsi participé activement à la préparation et à l’organisation du méga webinaire DNC, un temps d’échange inédit réunissant experts scientifiques, administration et acteurs économiques. Cette mobilisation a permis d’apporter des réponses claires aux éleveurs, de partager les dernières connaissances sur la maladie et de rappeler les enjeux de mesures en place.
Grâce à cet engagement collectif, sur le terrain comme dans l’animation du dialogue, JA a contribué à renforcer la compréhension, la réactivité et la solidarité de toute la profession face à la DNC.
Ressources utiles
Lien vers nos CP :
- DNC : OUI À LA RESPONSABILITÉ, NON À LA DÉCISION PUNITIVE INCOMPRÉHENSIBLE !
- Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : FNSEA / JA / FNB / FNPL / CDAF / LCA actent les décisions prises par l’Etat devant les membres du CNOPSAV Animal face à cette épizootie
- DNC : Pour se donner les moyens d’éradiquer la maladie, il faut réviser la réglementation européenne et durcir les contrôles
Les articles JA Mag :
- L’État indemnisera les éleveurs touchés par la DNC | JA MAG
- Dermatose nodulaire contagieuse : la France déclenche une riposte sanitaire | JA MAG
- DNC : reprise des exportations de bovins dès le 1er novembre | JA MAG
- « Nous ne contrôlons pas la maladie, nous l’éradiquons » : Annie Genevard serre la vis face à la DNC | JA MAG
- Dermatose nodulaire : un premier foyer détecté dans le Rhône | JA MAG
- La dermatose nodulaire gagne l’Ain | JA MAG
- DNC Bovine : « Nous devons tout faire pour sauver l’élevage français » | JA MAG
La vidéo de réaction de notre président Pierrick Horel :
Les témoignages de deux éleveurs de Savoie sur la stratégie en cours :
Méga Webinaire JA – FNSEA :
Point de situation DGAL : https://agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-des-bovins-dnc-point-de-situation
Foire aux questions DGAL : https://agriculture.gouv.fr/dnc-la-foire-aux-questions
Tout savoir sur la DNC : https://agriculture.gouv.fr/tout-savoir-sur-la-dermatose-nodulaire-contagieuse-dnc
Liste de communes concernées :
- DRAAF AURA : https://draaf.auvergne-rhone-alpes.agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-bovine-a6240.html
- DRAAF BFC : https://draaf.bourgogne-franche-comte.agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-des-bovins-premier-foyer-confirme-dans-le-jura-a3570.html
- DRAAF Occitanie : https://draaf.occitanie.agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-bovine-a9692.html
Contact
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