Environnement

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L’agriculture doit faire face à de nombreux défis environnementaux, notamment la préservation de la qualité des ressources (eau, sol, air, biodiversité) et le changement climatique. De par son rapport direct à la ressource et l’ampleur de la surface qu’elle occupe, elle possède un rôle primordial face à ces enjeux. Les interactions entre l’agriculture et l’environnement sont devenues un enjeu sociétal aussi bien que médiatique. Premiers impactés mais aussi acteurs de la première ligne, les Jeunes Agriculteurs veulent se montrer à la hauteur des enjeux.

Que fait Jeunes Agriculteurs ?

Jeunes Agriculteurs intervient dans l’élaboration des politiques environnementales, telles que :

  • La directive nitrate
  • Le Plan Ecophyto II+
  • Le Plan Biodiversité
  • La politique de gestion de l’eau

Il est primordial que les jeunes agriculteurs soient pleinement impliqués dans ces politiques qui les touchent directement.

Jeunes Agriculteurs, promoteur des bonnes pratiques environnementales

  • Nous encourageons et valorisons les bonnes pratiques mises en place par les jeunes agriculteurs au quotidien sur leurs exploitations à travers le concours Graines d’agriculteurs, qui a récompensé en 2017 des innovations environnementales dans trois catégories :
    • « agriculteur et acteur de la biodiversité »
    • « agriculteur et acteur de la transition écologique »
    • « agriculteur et acteur de la qualité de l’eau »
  • Le syndicat a adhéré à la Stratégie nationale de la Biodiversité (SNB) qui fixe pour ambition commune de préserver et restaurer, renforcer et valoriser la biodiversité, en assurer l’usage durable et équitable. A travers cette adhésion, nous mettons en place des actions de sensibilisation aux bonnes pratiques agricoles à destination de notre réseau.
  • Nous souhaitons également metter en avant les Paiements Pour Services Environnementaux : les agriculteurs, pas leurs bonnes pratiques, permettent de protéger la biodiversité et les ressources. La reconnaissance de la profession comme une solution et non plus comme un problème redonne du sens au métier d’agriculteur.

Jeunes Agriculteurs, acteur de la gestion et de la qualité de l’eau

Concernant la qualité de la ressource en eau, des progrès ont été réalisés par la profession, en concertation avec les services de l’Etat :

  • Une baisse de 14 % des teneurs en nitrates dans les cours d’eau entre 2006 et 2014 (Ministère Environnement, 2016), et des concentrations des eaux en nitrates en Bretagne qui ont diminué de 20 % en 20 ans (Source : Bilan 2015, DREAL de Bretagne).
  • Une baisse de la concentration en nitrates pour 56% des presque 700 stations-communes entre 1992-1993 et 2014-2015. (Agences et offices de l’eau, DREAL, DEAL – 1992-2015)
  • Une baisse de 13 % de la teneur en pesticides dans les cours d’eau entre 2008 et 2014 (rapport EauFrance 2016)

Fertilisation raisonnée, couverture végétale des sols entre deux récoltes ou mise en place de bandes enherbées sont autant de bonnes pratiques pour réduire l’impact de l’agriculture sur son environnement.

Afin d’améliorer la gestion des cours d’eau, Jeunes Agriculteurs a obtenu du ministère la réalisation d’une cartographie nationale des cours d’eau contrôlables, la rédaction d’un guide des bonnes pratiques pour l’entretien des cours d’eau et la signature d’une charte contrôleur – contrôlé.

L’irrigation et la mobilisation de la ressource en eau constituent une priorité pour notre agriculture en participant à la résilience de nos exploitations face au changement climatique. Pour optimiser notre performance économique et environnementale, nous devons améliorer la gestion de l’eau dans les exploitations.

Jeunes Agriculteurs milite pour une politique pro-active avec des financements publics augmentés et des règles simplifiées en faveur du stockage de l’eau, une révision du cadre juridique et règlementaire pour permettre une cohérence des règles européenne/française, et une gouvernance améliorée qui assure un rééquilibrage des représentants agricoles dans les instances de la politique de l’eau.

Nous défendons aussi l’innovation technologique et numérique pour limiter nos dépenses d’eau : agriculture de précision, sondes tensiométriques et irrigation au goutte à goutte sont autant de solutions pour arriver à une utilisation durable de la ressource.

Jeunes Agriculteurs, producteur d’une alimentation de qualité

Depuis plusieurs années, les attentes sociétales vis-à-vis de l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse dans les cultures se font de plus en plus importantes. Diminution, voire arrêt de leur usage, sont de fortes exigences citoyennes. Les JA sont prêts à faire évoluer leurs pratiques, comme ils l’ont toujours fait, mais à la condition d’en avoir les moyens, d’être accompagnés.

Dans le but de répondre aux attentes citoyennes, Jeunes Agriculteurs s’est engagé dans une démarche positive : le contrat de solution, porté par une quarantaine de partenaires (structures de recherches, OPA, structures de formation, de conseil…). Il s’agit d’une démarche collective pour identifier et diffuser des solutions innovantes pour la protection des cultures, afin de diminuer l’usage des produits phytosanitaires. Le premier contrat a été publié en 2018, il regroupe 36 solutions existantes, parmi les 300 identifiées au cours de sa rédaction. Il s’agit maintenant de diffuser ces solutions et d’engager la mise à jour régulière de contrat, s’enrichissant de toujours plus de solutions.

Quelques indicateurs de progrès et éléments de contexte :

  • Depuis 1990, 75% des pesticides ont été retirés du marché car les molécules les plus dangereuses pour l’Homme et son environnement ont été interdites.[2]
  • Les doses moyennes nécessaires pour traiter 1 hectare ont été divisées par plus de 34 fois en 60 ans. Dans le même temps, la toxicité moyenne a été divisée par 8,5[3].
  • Lorsque la consommation de produits phytosanitaires est ramenée au nombre d’hectare, les agriculteurs français arrivent en 9ème position au niveau européen (source Eurostat 2015), derrière notamment les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.
  • Si la France est souvent montrée du doigt comme le plus grand utilisateur de produits phytosanitaires en Europe, c’est parce qu’elle dispose de la surface agricole utile (SAU) la plus importante.

Les pratiques pour réduire la consommation de produits phytosanitaires :

  • L’agriculture raisonnée : Le Référentiel national de l’Agriculture Raisonnée (qui a fait l’objet d’un arrêté du 30 avril 2002) constitue un cahier des charges reconnu et précis. Ce Référentiel comporte 98 exigences nationales concernant la gestion de l’exploitation et les modes de productions végétales et animales.
  • L’agriculture de conservation : L’agriculture de conservation a été officiellement définie par la FAO en 2001, comme reposant sur trois grands principes : couverture maximale des sols, absence de labour, rotations longues et diversifiées. Elle redonne au sol le premier rôle dans la production végétale. Le sol est considéré non pas comme un support de culture, mais comme un milieu vivant.
  • La diversification des cultures au niveau des parcelles comme des territoires, apparaît comme un levier majeur pour « produire autrement », afin d’accroître la durabilité des systèmes de production agricoles, en favorisant la réduction des intrants (eau, pesticides, engrais azoté), l’accroissement de l’hétérogénéité des mosaïques d’habitats ou la réduction des pertes de rendement liées aux retours trop fréquents des mêmes espèces

[1] http://www.eaufrance.fr/les-actualites/nitrates-d-origine-agricole-une

[2] http://www.uipp.org/Notre-demarche-de-progres

[3] http://www.uipp.org/Notre-demarche-de-progres