Un cap franchi, une ambition à écrire

Pierrick HorelPrésident

L’heure n’est plus à la colère, mais à la construction. Depuis des mois, notre mobilisation a porté haut la voix de la jeunesse agricole. Nous avons exprimé notre indignation, nos craintes, nos exigences. Aujourd’hui, nous ouvrons une page où nous affirmons plus que jamais qu’il n’est plus temps de dénoncer mais de bâtir. Car si la colère a été nécessaire, elle ne suffit pas. Il est temps d’écrire notre avenir avec audace et de proposer à l’écosystème agricole, politique et économique une vision claire : celle d’une agriculture résiliente, innovante et souveraine. 

 

Des victoires qui tracent la voie  

Le mois de janvier 2026 restera marqué par des avancées concrètes, portées par la détermination de notre réseau. Le 5 janvier, une rencontre de travail avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a permis de poser avec lui les bases des plans et contrats d’avenir pour l’agriculture que nous promouvons depuis plusieurs mois. Ce contrat, que nous avons pensé avec notre réseau, le Gouvernement l’a repris à son compte lors du déplacement du Premier ministre en Eure-et-Loir le 24 janvier dernier ! Dans le contexte de l’adaptation au changement climatique, il acte ainsi une reconnaissance : la jeunesse agricole est une solution à mobiliser face aux défis de la France. 

A la mi-janvier, le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture clarifient les engagements du Gouvernement pour le quotidien et un engagement financier significatif : eau, prédation, moyens de production, soutiens stratégiques aux filières, fiscalité, etc. Améliorables, les avancées obtenues, y compris depuis l’hiver 2024, sont tout de même considérables. 

A l’issue du rendez-vous à Matignon mentionné, nous annoncions également, une manifestation d’ampleur à Strasbourg pour que le Parlement européen approuve la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) portant sur l’accord avec le Mercosur,suspendant ainsi la procédure de ratification en cours pour quelques mois, le temps que la CJUE rende son avis.  Une victoire stratégique, qui prouve que notre force réside autant dans la rue que dans les arcanes des institutions.  

Une sacrée moisson pour un mois de janvier. Ces succès ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat d’une mobilisation intelligente, où la pression syndicale se double d’une capacité à proposer des alternatives et issues crédibles. Sachons le dire. 

 

Inventer les outils de demain  

Notre ambition ne s’arrête pas aux annonces. Elle se concrétise dans l’action, sur le terrain et dans les filières. Je veux incarner une génération de responsables syndicaux et économiques qui portent des projets utiles et qui donnent des perspectives. Sur le terrain, avec nos partenaires, je vois des initiatives à développer pour avoir des outils financiers plus agiles, pensés pour sécuriser l’installation et accompagner les carrières sur le long terme. Car, si hier nous avons dû inventer des mécanismes pour faciliter l’accès à la terre, aujourd’hui, nous devons réinventer un modèle économique qui protège notre métier. Les contrats d’avenir seront centraux dans cette ambition ! Mais j’en vois d’autres aussi. Nos responsables seront aussi mobilisés pour être utiles et innover ans la mise en place du guichet unique France Services Agriculture des Chambres.  

Les conférences sur la souveraineté alimentaire, organisées par filière, en sont un autre exemple. Elles ne se contentent pas de dresser un constat : elles dessinent des feuilles de route opérationnelles, pour une agriculture qui nourrit la France sans dépendre des aléas géopolitiques. Dès la fin du mois de février, notre réseau se mobilisera pour la déclinaison territoriale de ces travaux. C’est une démarche essentielle et je compte fortement sur eux ! Nous avions été au rendez-vous des ateliers EGAlim ou ceux préexistant à la loi d’orientation agricole. L’enjeu est tout aussi crucial.  

Notre force, c’est aussi notre manière d’être. Nous refusons l’affrontement stérile, les postures qui divisent. Nous assumons notre singularité : un syndicalisme de propositions, ancré dans le réel, qui parle aux institutionnels sans renier ses racines. Les défis sont immenses mais nous les relevons avec des projets concrets et une conviction : l’agriculture de demain se construira avec ceux qui la vivent aujourd’hui. 

 

L’avenir s’écrit maintenant  

Les annonces gouvernementales de décembre 2025 et janvier 2026 vont dans ce sens. Mais elles nous rappellent aussi notre responsabilité : celle de transformer ces opportunités en leviers concrets pour nos adhérents. 

Notre état d’esprit ? Celui d’un réseau qui a le vent en poupe, mais qui garde les pieds sur terre. S’il faut retourner dans la rue nous en serons capables mais nous ne serons pas dans la manifestation permanente. Nous serons à la fois dans les champs et dans les instances, à travailler sans relâche pour que chaque jeune agriculteur puisse s’installer, s’adapter face au changement climatique et vivre décemment de son métier. 

L’histoire de Jeunes Agriculteurs est celle d’une organisation qui a toujours su se réinventer. Aujourd’hui, nous écrivons un nouveau chapitre : celui d’une génération qui ne subit pas son destin, mais qui le propose. À nous de jouer. 


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