Rendre possibles les transformations de nos sociétés vers le développement durable.

michel eddiDiplômé de l’École nationale supérieure de chimie de Lille (1974) et de l’École nationale supérieure d’électrotechnique et de génie physique de l’Institut national polytechnique de Grenoble (1975), Michel Eddi, est docteur-ingénieur de l’université de Provence (Aix-Marseille-I) et également ancien élève de l’Ena. Il a été directeur général délégué de l’Inra en 2005. Depuis 2013, il est directeur général du Cirad, et est devenu président de l’Iddri en 2019.

L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri, associé à Sciences Po) a été créé en 2001 pour développer des liens politiques et opérationnels entre trois sphères qui courent, toujours le risque de ne pas converger entre elles : les négociations internationales sur la biodiversité et le climat ; la science et l’innovation ; et enfin, la réalité concrète des changements sociaux, économiques et politiques dans nos sociétés. Le Cirad ainsi que l’Inra ont été présents comme fondateurs de l’Iddri dès ses débuts, compte tenu de l’importance du secteur agricole et alimentaire dans les négociations internationales sur l’environnement, autant pour sa dépendance aux évolutions du climat ou de la biodiversité que pour les pressions qu’il exerce sur eux. Depuis 2015 et l’Accord de Paris, toute la complexité de la mise en œuvre des transitions nécessaires est apparue très clairement aux yeux des décideurs, et cela est particulièrement vrai pour l’agriculture et l’alimentation où de vrais choix doivent être faits pour les trans-former profondément.

Dans les pays du Sud, il s’agit de trouver un chemin de développement agricole compatible avec les grands objectifs environnementaux, offrant le plus possible d’emplois en milieu rural pour faire face au choc démographique, notamment en Afrique où les industries et les services sont encore peu développés. Ce développement économique centré sur l’agriculture est nécessaire pour assurer la sortie de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire pour toute la population, et ce, malgré les impacts futurs du changement climatique. Dans les pays industrialisés ou émergents, il s’agit d’ouvrir des chemins nouveaux pour engager la transformation de l’en-semble du système alimentaire afin d’atteindre le développement durable. L’innovation agro-écologique, dans ces deux contextes, a un rôle éminent à jouer.

Mais comment penser la transition, comment l’accompagner ? C’est l’ambition de l’Iddri que d’aider à identifier les clés permettant à tous les acteurs d’un secteur ou d’un territoire d’engager ensemble cette transformation. Il faut commencer par se fixer des objectifs de transition à long terme, pour être à la fois suffisamment ambitieux pour la protection de l’environnement et se donner le temps du déploiement de l’innovation – ce qui suppose de comprendre les délais incompressibles pour les changements systémiques des filières, mais aussi de l’organisation de nos villes ou de nos modes de consommation. Face à l’ampleur des choix à faire, la période actuelle est aussi marquée par la tension forte qui existe entre un consensus sur le besoin de ces changements et l’immense difficulté pour les décideurs à trouver un accord sur les moyens de déclencher cette transition dès maintenant. C’est la priorité des cinq prochaines années pour l’Iddri : identifier les leviers d’action, mais aussi les formes de négociation politique, en Europe comme à échelle internationale, pour pouvoir mettre en œuvre ces transitions de manière ur-gente et au bénéfice de tous. Il s’agit notamment de réussir, avec nos partenaires africains, à rendre ces transforma-tions effectives dans leurs pays marqués par l’importance des chocs qu’ils subissent et la nécessité de permettre  un développement durable, au bénéfice de leur population. Le Cirad et l’Iddri œuvreront en commun à l’atteinte de cet objectif ambitieux, mais impératif. ◆


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