États Généraux de l’alimentation : aucun relâchement ne doit être envisagé !

Près de deux ans après la promulgation de la loi Egalim, Jeunes Agriculteurs alerte sur la nécessité de tenir bon dans le respect et l’application de ses mesures mais aussi de sa philosophie. En effet, la loi devait permettre une montée en gamme globale de l’alimentation française, déjà performante, en améliorant le revenu des agriculteurs notamment par une lutte contre la guerre des prix. Pour cela un dispositif a été mis en place permettant de relever le seuil de revente à perte et d’encadrer en volume et en valeur les promotions.

La période de crise sanitaire que nous venons de traverser a notamment permis de questionner à nouveau notre alimentation. Face à une volonté des citoyens de revenir à une consommation plus locale et rémunératrice pour les agriculteurs, nous avons pu remarquer un changement de posture des acteurs de l’aval des filières, notamment des enseignes de la grande distribution. Certains ont joué le jeu de la mise en avant des produits français, et nous appelions de tous nos vœux à ce que cela perdure à l’avenir.

Chassez le naturel, il revient au galop. Avec la rentrée, finit les campagnes de communication et de promotion de l’agriculture française, c’est bien à nouveau la guerre des prix qui repart de plus belle toujours au détriment des agriculteurs. Même si nous sommes conscients des difficultés économiques que rencontrent les français, elles ne doivent pas être un argument pour tirer les prix vers le bas et étouffer les producteurs.

L’année 2020 aura montré que toute la filière agroalimentaire doit et sait se mobiliser pour garantir notre souveraineté alimentaire et cela nécessite un revenu sécurisé, pour que l’agriculture soit un secteur d’avenir qui pousse des jeunes à s’installer.

Aujourd’hui, les outils ne sont toujours pas suffisamment appliqués. Les élus à la tête du réseau JA l’ont rappelé en conférence de presse de rentrée, en réaction aux propos du ministre Julien Denormandie (“La loi Egalim va dans le bon sens mais l’objectif n’est pas encore atteint”) sur le bilan des Egalim :

« Oui c’est insuffisant sur certaines parties, il faut aller plus loin, sanctionner les mauvais élèves prolonger les expérimentations de façon stricte et se laisser plus de temps pour les évaluer ».

Aurélien Clavel, vice-président de Jeunes Agriculteurs en charge des affaires économiques

A l’heure du premier bilan sur l’expérimentation de l’encadrement des promotions et de la hausse du seuil de revente à perte, JA demande une prolongation stricte du dispositif sur au moins deux ans sans aucune dérogation possible. Aujourd’hui cette question est sur la table des négociations dans le cadre de la loi ASAP. Les parlementaires doivent être attentifs à ce que soit respecté cet esprit de la loi. Toute dérogation serait ouvrir une voie dangereuse qui pourrait affaiblir l’équilibre du dispositif global issu des EGA.


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