Des fraises au pays de l’endive

À quelques kilomètres au sud de Lille, le canton de Pévèle est « le berceau de l’endive ». Le marché de Phalempin s’est développé autour de cette culture, avant de se diversifier dans d’autres légumes, puis dans la fraise. Deux productions bien représentées à la ferme des érables, à Nomain. Partisan d’une « agriculture diversifiée qui paie son homme », Gilles De Baere est salarié de cette exploitation familiale. La famille De Baere cultive 3 ha d’endives label rouge. Le mode de production traditionnel en pleine terre garantit leur texture croquante et une meilleure conservation. Les graines sont semées à partir de mai, après les dernières gelées. Après un développement semblable aux carottes, les racines sont arrachées à l’automne, puis placées en chambre froide en conservant quelques feuilles. Elles sont ensuite mises en couche, c’est-à-dire repiquées en pleine terre, recouvertes d’une bâche et chauffées si besoin. À la lumière, les chicons verdiraient et deviendraient amers. Après cette période de forçage de 21 jours, les agriculteurs peuvent enfin « casser » (récolter) les endives. Cette production saisonnière – de fin octobre à fin avril – demande « beaucoup de main-d’œuvre ».

Au printemps, la fraise prend le relais. La ferme des érables en compte 9 000 pieds, tous en plein champ, sous tunnel. « 2 000 pieds sont à l’air libre et destinés à la libre cueillette », précise Gilles. À un quart d’heure de Lille, la vente directe permet de pérenniser cette petite exploitation soumise à la pression foncière. Le magasin à la ferme permet d’écouler presque toutes les fraises et un quart des endives (le reste part au marché de Phalempin). À l’avenir, Gilles compte « développer l’endive de pleine terre » avec Sophie, sa future femme, qui a commencé le parcours à l’installation.


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