Le Président de République annonce aux Terres de Jim la réforme de la gestion des risques proposée par Jeunes Agriculteurs

Samuel VANDAELEPrésident

Aujourd’hui, il faut être très fier du travail collectif mené par la profession avec, en première ligne, Jeunes Agriculteurs. Voilà des mois que nous avons collaboré avec toutes les parties prenantes, le ministère de l’Agriculture et le député Frédéric Descrozaille pour aboutir à une annonce historique de la réforme de la gestion des risques climatiques aux Terres de Jim.

Si elle peut en être la cause, l’agriculture est aussi et surtout victime du dérèglement climatique, en témoignent les aléas dont l’intensité et la fréquence s’amplifient chaque année. L’impact sur la production est énorme. Rappelons-le, en France, 30 à 70 % de stagnation de la production de blé tendre serait imputable  au  changement  climatique.  En 2018, on estime les pertes totales liées à la sécheresse à 2 Md€ pour le secteur de l’élevage. Cette année encore, les épisodes de gel du printemps ont entrainé jusqu’à 90% de dommages chez certains, touchant la quasi-totalité du territoire national.

Le danger n’est pas qu’économique pour les producteurs, il est aussi vital pour les citoyens et stratégique pour notre pays. Le GIEC estime qu’avec une augmentation de 2°C, les risques pour l’approvisionnement alimentaire  pourraient  devenir  très  importants  dans certaines régions du globe. Cela, alors que les besoins alimentaires devraient augmenter  de  70%  entre 2009  et  2050  avec 9 milliards d’hommes à nourrir, selon la FAO. La production agricole mondiale devra donc mécaniquement augmenter.

Face à cette nouvelle donne, et pour préserver notre souveraineté alimentaire, il faut protéger les agriculteurs. Cela devait passer par une réforme globale qui répartit le poids du risque entre l’agriculteur, l’assureur et l’Etat. Jeunes Agriculteurs avait formulé une demande très complète et ambitieuse, notamment au travers de son rapport d’orientation [lien]. C’est ce qu’Emmanuel Macron nous a promis : un budget de 600 millions d’euros en moyenne chaque année adossé à un système clair et efficace. Comme JA le proposait, il s’appuiera sur trois niveaux : la part supportable par l’agriculteur, celle relevant de l’assurance et la part de sinistre « exceptionnel » qui relèvera de la solidarité nationale. Tous les agriculteurs, quel que soit le type de culture, bénéficieront de l’intervention de l’État en cas d’aléas exceptionnels. Un système qui incitera également à la souscription d’une assurance par une indemnisation totale pour les agriculteurs assurés.

Difficile à gérer pour les agriculteurs, trop lente à indemniser, pas toujours adaptée… le système actuel des calamités agricoles a atteint ses limites, même s’il a pu déjà en aider beaucoup. Le président de la République s’est engagé à ce qu’il y ait dorénavant « Rapidité et réactivité » avec une simplification du dispositif qui se traduira par la mise en place d’un guichet unique pour les agriculteurs pour éviter de multiplier les démarches. L’enjeu sera bien d’aller au bout de cette simplification en l’appliquant à tous les niveaux. Une conditionnalité et des justificatifs oui, mais ne nous noyons pas dans la paperasse !

Le ministre Julien Denormandie doit présenter cette réforme sous la forme d’un projet de loi au conseil des ministres en décembre pour un examen début 2022. A quelques mois de la présidentielle, il est vital que le texte ne soit pas pris en étau par l’actualité.

Il reste encore du travail aussi, puisque de nombreux détails, dans la déclinaison du système, sont à préciser. Je pense en particulier à la détermination des niveaux de franchises, le taux de subvention appliqué, le fonctionnement du guichet unique, etc. Nous devrons également avoir la certitude que chaque agriculteur pourra avoir accès à une assurance récolte. Maintenant que le cadre est posé et acté il est temps d’approfondir le dispositif et d’entrer dans les détails.

Enfin, je voudrais néanmoins rappeler que si ce dispositif global de gestion des risques est à la hauteur de nos ambitions, il est primordial pour nous de ne pas laisser de côté le sujet de la prévention et de la formation. Il faut développer dès le plus jeune âge, par une formation renforcée, une vraie culture du risque, accompagner chacun tout au long de sa carrière, d’abord par un diagnostic complet de l’exploitation face aux risques, puis par un conseil individualisé. C’est là un facteur indéniable de réussite.

Nous serons, comme toujours d’une très grande vigilance à ce que les pouvoirs publics aillent au bout de la promesse. Pour cela nous serons, comme toujours, acteur pour proposer et mettre en œuvre des pistes d’amélioration. C’est le fruit d’un travail collectif mais surtout d’une grande ambition de notre syndicat.


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