Relance de l’agriculture : penser le temps long, agir dès maintenant

Samuel VANDAELEPrésident

Pour faire redémarrer l’économie française dans ce contexte de pandémie, le Gouvernement a proposé un plan de relance de 100 milliards d’euros. Le volet agricole, qui n’était pas prévu initialement, représente 1,2 milliard. Il s’articule en trois volets dont la reconquête de notre souveraineté alimentaire et la transition agroécologique au service d’une alimentation saine, durable et locale.

 

Je salue, comme je l’ai dit au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie le 30 septembre, les propos tenus sur la jeunesse agricole à l’occasion de la présentation du Plan de relance. Oui, le renouvellement des générations est essentiel pour assurer, demain, notre souveraineté alimentaire. Nous devons ainsi agir aujourd’hui tout en pensant à notre futur collectif.

Jeunes Agriculteurs est par définition un acteur du présent et de l’avenir. Nous avons donc accueilli positivement les annonces du volet agricole du plan de relance, dont nous constatons les convergences avec notre manifeste pour une souveraineté alimentaire après la crise. Nous avons été entendus !

 

Des mesures dédiées à la jeunesse agricole

 

D’abord l’idée d’une grande campagne de communication. Cette demande a été  formulée par Jeunes Agriculteurs à l’occasion de notre session consacrée au renouvellement des générations en agriculture, organisée en janvier 2020 en Haute-Savoie.

L’objectif : promouvoir le métier à grande échelle et susciter des vocations chez les jeunes[1]. Notre réseau avait travaillé pendant 3 jours sur une stratégie nationale de communication déclinée à tous les échelons et présentée au cabinet du Ministre. Je suis fier de voir le fruit de ce travail collectif sur le point de voir le jour.

Donnons l’envie de participer à cette grande aventure du vivant que représente l’agriculture par une campagne de publicité télévisée forte et marquante, comme cela a pu se faire dans d’autres secteurs, notamment comme l’armée !

Ensuite, le plan de relance propose un bilan carbone des exploitations pour les jeunes agriculteurs. Un premier pas vers une meilleure efficacité énergétique et vers la reconnaissance et la valorisation du stockage de carbone par les agriculteurs. Il s’agit d’une opportunité pour les jeunes en cours d’installation proposée parmi les « outils concrets au service de la lutte contre le changement climatique »[2]. Nous prenons part, en tant que syndicat, à ce projet d’avenir en participant à toutes les concertations et initiatives où nous avons notre place.

Enfin, une bonification pour les jeunes agriculteurs a été annoncée lors de notre rencontre avec le ministre, sur quatre volets : la biosécurité et le bien-être animal, la prime à la conversation pour les agroéquipements, le plan protéines, les aides aux investissements pour prévenir les aléas climatiques.

 

Des mesures pour une alimentation locale, vertueuse et rémunératrice

 

Dans le plan de relance, la formation comme levier de professionnalisation est également ciblée. Les métiers de la filière agricole et agroalimentaire offrent des débouchés certains et très divers, encore trop méconnus. Nombre de postes sont à pourvoir ! Pour accompagner les agriculteurs dans lutte contre la guerre des prix, des formations à la négociations sont également prévues.

Concernant le lien entre acteurs des territoires, afin de déclencher un cercle vertueux sur le partage de la valeur, le Plan de relance prévoit l’objectif d’au moins un projet alimentaire territorial par département. Ces projets avaient aussi été détaillés dans notre manifeste[3] puisque les Jeunes Agriculteurs ont été en première ligne dès le départ des Etats Généraux de l’Alimentation. Nous défendons encore aujourd’hui leur esprit et leur stricte mise en œuvre.

Ces projets alimentaires seront accompagnés du plan protéines annoncé dans le Plan, qui nous permettra d’être autonomes dans l’alimentation animale, plus respectueux de l’environnement et d’ouvrir d’autres débouchés. Nous avions proposé que ce plan soit cohérent avec une stratégie nationale de diversification agricole et de productions d’énergies agricoles[4].

 

 

Des chantiers de long terme à activer

 

Plusieurs chantiers de taille doivent encore aboutir. La réforme de la PAC, où les discussions entre Etat et Régions sont fournies. Rappelons que l’installation des jeunes doit rester cohérente sur l’ensemble des territoires, pour donner les mêmes chances aux porteurs de projet, quelle que soit leur origine géographique. Car oui, rappelons-le une fois encore, nous voulons des agriculteurs nombreux, sur tous les territoires !

Le travail engagé sur la gestion des risques doit aussi aboutir. Cette année encore a été marquée par des épisodes climatiques extrêmes. Il est plus qu’urgent de trouver des solutions de long terme, articulant judicieusement prévention et responsabilité individuelle, assurance, fonds mutuels et responsabilité de l’Etat. Toutes les filières sont concernées et il s’agit selon nous d’un enjeu politique majeur.

Les propositions sur le foncier enfin doivent aussi être suivies d’effets : lutte contre l’artificialisation des sols, comme prévu dans la Convention citoyenne, mais aussi régulation des transactions, avec une rénovation du dispositif de contrôle des structures.

Des jalons sont posés, œuvrons ensemble pour la relance, et pour l’avenir de notre métier !

 

Samuel Vandaele

 

 

Version complète du manifeste

[1] Voir fiche n°4 du manifeste

[2] Voir fiche n°2 du manifeste

[3] Voir fiche n°1 du manifeste

[4] Voir fiche n°2 du manifeste


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